ESN 2021

Du 02/12/2021 au 03/12/2021

Faculté de médecine Lyon Laënnec - 7, rue Guillaume Paradin 69372 Lyon, France


Anaick Perrochon

Anaick Perrochon est Maître de Conférences à l’Université de Limoges et dirige notamment des travaux de recherche dans le domaine neuropédagogie. Il est actuellement membre du département universitaire d’enseignement numérique en santé (DUENES) et responsable du Centre de Simulation Virtuelle en Santé (CSVS) à l'Université de Limoges où il mène des projets de recherche innovants sur la simulation virtuelle pour les différentes formation médicales et paramédicales.

Utilisabilité, acceptabilité et efficacité de la simulation virtuelle chez des étudiants en santé : de l’étude pilote aux études multicentriques
Anaick Perrochon1,2, Claire Bonnin 1, Audrey Aulié 1, Léa Frigo 1, Quentin Lemasson 1, Laurent Fourcade 3
1 ILFOMER, Limoges, France ; 2 Laboratoire HAVAE, Limoges, France ; 3 CHU de Limoges, France

Mots-clés. Simulation virtuelle, technologies immersives, traces d’apprentissage, cas cliniques virtuels, santé

Résumé de la conférence.
L’utilisation des technologies immersives (i.e., réalité virtuelle augmentée, etc.) favorise une pédagogie active puisque l’apprenant est fortement engagé dans l’apprentissage, notamment par une stimulation multi-sensorielle. L’apprentissage expérientiel permet d’acquérir de nouvelles compétences par l’engagement et la motivation à interagir dans un contexte similaire à des situations réelles. Le sentiment de présence va provoquer l’émotion et l’empathie de l’apprenant, et ainsi créer un souvenir complexe qui restera en mémoire. Ce sentiment de présence, même lorsque l’étudiant est spectateur, va activer des neurones miroirs qui vont favoriser l’apprentissage et la mémorisation.

En 2019, le Département Universitaire d’Enseignement Numérique en Santé (DUENES) et l’Université de Limoges ont inauguré un nouveau Fab-lab : le Centre de Simulation Virtuelle en Santé (CSVS). Cette structure a pour vocation de développer de l’innovation pédagogique numérique, puis de modéliser et généraliser ces pratiques dans le secteur de la santé en s’appuyant sur les technologies immersives. Ainsi, nous avons développé de nouveaux outils de formation (i.e., cas cliniques virtuels, visites virtuelles, modules de gestes professionnelles) et d’évaluation (i.e., chambres des erreurs). Nous avons réalisé des études exploratoires (e.g., utilisation dans la lecture critique d’articles), ainsi que des essais contrôlés randomisés (e.g., comparaison de cas cliniques virtuels avec une éducation traditionnelle pour le raisonnement clinique) et des études multicentriques (e.g., utilisabilité dans la résolution d’un cas clinique virtuel). Finalement, nous avons testé le déploiement de la réalité virtuelle à domicile pendant la période de covid-19 via une plateforme à distance (i.e., Moodle).

Les données préliminaires de nos études démontrent que les applications développées ont une bonne utilisabilité et acceptabilité. Les contenus pédagogiques peuvent aussi bien être consultés en salle de cours ou à domicile. Les données individuelles récoltées forment des traces d’apprentissage (i.e., « learning analytics ») qui peuvent être exploitées pour mieux comprendre les parcours et les stratégies d’exploration des apprenants. Les prochaines études devraient se centrer sur les mécanismes cognitifs et les circuits neuronaux activés dans les environnements virtuels, sur l’évaluation de l’impact de cette méthode pédagogique sur le geste professionnel dans une situation réelle et sur la place de ces nouveaux contenus dans les curriculums de formation.

Figure 1. Illustration du contenu pédagogique visible en réalité virtuelle